La défiance face à Microsoft ne semble pas vouloir se calmer, en témoigne notamment une décision ambitieuse de la Ville de Lyon. Interview de Jean-Marie Séguret, son directeur du système d'information et de la transformation numérique.
En 2025, Lyon migre vers Linux et OnlyOffice pour "renforcer la souveraineté numérique locale tout en dynamisant l’économie régionale et en garantissant la liberté technologique des administrations publiques"
Voire aussi : https://www.lyon.fr/actualite/action-municipale/la-ville-de-lyon-renforce-sa-souverainete-numerique
Face à l’annonce irresponsable de Microsoft de ne plus mettre à jour son système d’exploitation Windows 10, qui va rendre obsolète plus de 400 millions d’ordinateurs dans le monde, la Ville de Blois a décidé de convertir progressivement les ordinateurs qu'elle fournit aux écoles sous Linux, le système d’exploitation libre et gratuit. Une expérimentation est ainsi menée dans trois écoles élémentaires. Une opportunité éducative mais aussi environnementale qui prolongera la durée de vie des ordinateurs.
La mairie de Lyon justifie ce virage par la volonté de renforcer sa "souveraineté numérique". Derrière cette expression, on retrouve un objectif clair : réduire la dépendance aux géants du numérique américains (et en particulier Microsoft), tout en reprenant le contrôle sur les outils et les données utilisés au sein de l’administration.
la ville de Blois échappe à l'obsolescence programmée de Microsoft
"Retour d’expérience : les logiciels préconisés par l’Académie tournaient tous sous Linux. Cela n’a rien changé. Un clic sur une icône : rien ne change ! Des élèves sont fiers de dire à leurs parents qu’ils travaillent sous Linux. La ville a par ailleurs passé une convention avec une association (Laplla.net) qui recycle des ordinateurs sous Linux, afin de permettre aux parents d’élèves de faire l’acquisition d’ordinateurs à bon marché."
La commune de Boé a équipé 95 % de ses ordinateurs de bureau (~50 postes) avec Ubuntu, un système d’exploitation libre. Résultat : 25 000 euros d'économies sur les licences informatiques, une maintenance divisée par quatre et du temps libéré pour accélérer sa transformation numérique. Retour sur un projet ambitieux, mené en interne avec seulement deux agents.